Toi, que j’aimais tant !

Autant pour mon grand que pour mon petit bébé, il était clair que je désirais reprendre le travail après mon congé maternité. A chaque fois, j’ai pris un congé parental à temps partiel. Pour mon tout petit, j’ai pris la décision de réduire mon temps de travail à 80% comme je vous en avais parlé précédemment, ça me laisse mon mercredi avec mes garçons, c’était un bon compromis à mes yeux. Profiter pleinement de mes enfants mais garder ma vie sociale, professionnelle, je trouvais ça important.

Mais, si vous relisez le titre sachez que que j’ai vite déchanté…

Je ne vous parlerais pas de la course au quotidien, du rythme effréné pour les enfants comme pour nous, de cette envie de profiter vraiment d’eux, mais aussi de cette recherche de temps calme à la tombée de la nuit qui nous fait rêver toute la journée à mon mari et moi…

Non, je vais vous parler de ce travail que j’aimais tant, et que je hais dès à présent.

Les mots sont forts mais pourtant bien pesés. Je suis partie en congé maternité, assez fâchée, fatiguée, des heures cumulées, de cette énergie donnée, de leur organisation désastreuse, d’un personnel parfois sans scrupule, de mauvaise foi, et abusant de la gentillesse des personnes ayant une conscience professionnelle, une envie d’un travail bien fait et d’une soif d’évoluer. Mais j’aimais ce que je faisais et ça, c’est rare dans la vie de s’épanouir au travail mais tellement essentiel. De ce fait, avant de revenir, je me suis fait entendre lors d’un rendez-vous, je revenais à 80% pour des raisons clairement approuvées par les deux parties, MAIS mon travail devait rester le même.

Même tâche, même poste, même statut : identiques, pas plus, pas moins. On a signé ensemble, la confiance y était.

Aujourd’hui, elle n’existe plus.

Je suis revenue donc à 80%, mon travail m’a été retiré en quantité : 2/3. Les promesses d’évolution : données à la personne embauchée (à temps plein) pour combler les 20% où je ne serais pas présente, et par la même occasion, récupère mes 2/3. (W H A T ?!) Les décisions prises au quotidien : là où j’étais au cœur il y a 9 mois en arrière, je suis la dernière au courant.

CLAIREMENT, je n’existe plus.

Là où j’omet de vous dire l’essentiel c’est que le petit 1/3 de mon travail qu’il me reste est seulement toutes les m… de mon travail, voyez vous. La pilule est dure à avaler comme on dit ! Alors au début, j’ai été piqué à vif et leur ai dit gentiment avec mon plus beau sourire : “La rupture conventionnelle, elle est où, je signe quand ?” Et oui, après tout, une femme fait des enfants, que ça leur plaise ou non, ce n’est pas une raison de nous faire payer de cette manière. Sachant que j’ai été toujours fidèle, loyale et contentieuse dans mon travail, pleine d’ambition, je leur avais dit que j’honorerais l’intégralité de mon travail même à 80%, j’ai donnée sans compter mon énergie, mon temps pour au final, réaliser que donner la vie leur donne le droit de me descendre au statut de “Tu ne sers à rien à la société, tu as fait un enfant, on te retire tout sans raison valable et tu n’as aucunement à te plaindre, fais la merde et tais toi” Et ajoutons que ces idiots là n’ont pas été capable de trouver une personne convenable pour occuper mon poste durant mes 8 mois d’absence, BONJOUR LE RETARD et ça se permet un tel comportement.

 

Aujourd’hui, je pars au travail, la boule au ventre. Parfois les larmes me montent devant mon écran en prenant conscience de ma place actuelle. Une réelle déception. Chaque jour, je me demande que vont-ils me sortir encore ? Où vont-ils me décevoir une nouvelle fois ? A l’extérieur, certaines personnes ont essayé de me faire entendre que je ne devrais pas me plaindre de bosser à 80% et qu’on me retire la plupart de mon travail, je devrais être tranquille… Oui, certainement en faisant les mauvais côtés de mon travail (ironie, bonjour!). Mais dans le fond, ces personnes là n’ont rien compris,  si j’ai souhaité reprendre le travail, c’est :

  • Pour avoir une occupation autre que les couches, les biberons et le ménage
  • Retrouver une vie sociale, une estime de moi, une confiance en moi, à travers le travail
  • Avoir un STATUT dans la vie autre que ” la bonne maman qui s’occupe bien de ces bébés à la maison “

 

Et c’est un échec. Ils me renvoient la sensation que je ne sers plus à rien, et je ne désire plus qu’une chose chaque jour, c’est qu’on m’offre cette opportunité : quitter cette société et son personnel, qui m’ont, définitivement, déçus. Et s’ils m’ont tant déçu, c’est qu’ils savaient combien j’aimais ce que je faisais, j’aimais mon travail, mon statut et la sensation d’être utile, bonne, efficace dans ce que je faisais, pour une fois : estime et confiance en moi régnait, certes professionnellement il y a 9 mois en arrière, mais une victoire, une sensation de bien être, et aujourd’hui, cela n’existe plus.

Il me faudra du temps pour accepter, ils ont pas eu l’honnêteté de m’en parler, ils m’ont mis devant le fait accompli mais je ne me rabaisserais pas, je ferais avec. Je ferais ce qu’on m’a demandé, mon temps sera désormais compté, mes tâches exécutés comme demandées, je ne donnerais pas plus. J’ai donné, ils ont décidé de gâcher la confiance qui régnait, donc c’est terminé.

Je ne méritais pas ça, c’est ma seule certitude.

 

Bisous, FamilyL♥ve

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